Genève, siège de l'OMC, est la ville la plus mortelle du monde

Posted by Johann Hari Mon, 28 Aug 2006 00:00:00 GMT

L'OPINION DU JOUR -

"Cette semaine, des politiciens se sont réunis dans une ville au cœur du monde développé et ont pris des décisions qui auront pour conséquences des destructions massives de vies humaines." Pour Johann Hari, chroniqueur de The Independent, la ville fatale n'est ni Tel-Aviv, qui ordonne le bombardement du Liban, ni Khartoum, mis en cause dans le drame du Darfour, mais bien Genève, où les négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ont échoué. Ce qui devrait entraîner la mort de millions de gens à travers le monde, pour cause de famine et de pauvreté.

Pour le chroniqueur, les pays riches ont trahi leur promesse, faite il y a cinq ans, de consacrer le cycle actuel d'échanges commerciaux au développement et à la lutte contre la pauvreté. "Pour chaque euro d'aide accordée par les pays riches, il y a 7 euros de dommages liés aux règles commerciales inéquitables." En cause, "les grasses subventions agricoles" et "les barrières douanières imposantes" des pays riches.

Reste que, pour l'auteur, il est toujours temps de changer cet état de choses, d'autant plus que ces subventions agricoles sont peu défendues dans les opinions publiques. Ainsi, "le mouvement Make Poverty History s'est développé dans le monde riche pour forcer nos classes politiques à agir", rappelle Johann Hari. Malheureusement, le cycle de négociations commerciales dit "de Doha" a tellement évolué qu'il n'a au final plus rien à voir avec son engagement initial.

Selon Johann Hari, il y a trois manières d'organiser le commerce mondial : le libre-échange, le commerce équitable et celui qui prévaut largement aujourd'hui, le protectionnisme des pays riches. Or "l'OMC a été conçu pour accroître le libre-échange à travers le monde, et à ses yeux l'aide aux paysans pauvres dans le cadre du commerce équitable et le protectionnisme des pays riches sont des maux équivalents".